Isabelle Gosselin
Une enseignante engagée à créer des liens avec ses élèves pour mieux bâtir leur confiance en soi
Quand on fait face à un groupe d’élèves âgés entre 13 et 15 ans aux profils variés et aux prises avec d’importantes difficultés d’apprentissage, vaut mieux être créatif et tenter d’enseigner autrement. C’est le choix qu’a fait Isabelle Gosselin, il y a trois ans, en quittant l’enseignement des mathématiques pour se consacrer à des élèves en adaptation scolaire de la Polyvalente Nicolas-Gatineau. Par des projets spécifiques et des activités signifiantes, elle crée des liens privilégiés avec ces jeunes qu’elle accompagne au quotidien, favorisant ainsi leurs apprentissages et le développement d’une plus grande autonomie. La clé pour Isabelle Gosselin? Son lien avec les élèves. « Sans cette proximité, je ne pourrais pas avoir le même impact. »
Il semble qu’Isabelle Gosselin était destinée à enseigner. Si elle a d’abord travaillé dans le domaine financier, elle a par la suite fait sa marque comme enseignante à la formation professionnelle, puis comme cadre scolaire avant de se rapprocher des élèves du secondaire avec l’enseignement de l’économie familiale et des mathématiques.
Quelques années plus tard, l’enseignante amorçait un autre virage en prenant sous sa charge une classe en adaptation scolaire. « J’avais besoin d’être proche des jeunes, de passer plus de temps avec eux, confie Isabelle Gosselin. J’enseignais les mathématiques à plusieurs groupes, ce qui me limitait dans le temps que je pouvais consacrer à chaque élève. En adaptation scolaire, j’enseigne toutes les matières au même groupe d’élèves, ce qui me permet de développer une véritable relation avec chacun d’entre eux », explique-t-elle.
Comment enseigne-t-on à une classe d’élèves dont les profils varient grandement de l’un à l’autre? « Autrement », répond Mme Gosselin. Enseigner à cette clientèle demande en effet un engagement à part entière. Dans ce contexte, la mise en place de projets devient un modèle privilégié. Les élèves apprennent, sans réaliser qu’ils le font. « Mon but est de garder mes élèves motivés, dévoile Mme Gosselin. Apprendre doit être plaisant à tout prix, sinon, je risque de perdre rapidement leur intérêt et leur attention. »
Les ressources ne sont toutefois pas toujours disponibles, ce qui amène l’enseignante à faire preuve de créativité et de débrouillardise pour trouver les sommes nécessaires à la réalisation de ses activités scolaires et parascolaires. Grâce à une subvention de la Fondation Jeunes-PROJET, par exemple, Mme Gosselin a pu mettre en place un projet d’aquaponie en classe avec ses élèves. Il s’agit d’un aquarium avec des pompes dans lequel plantes et poissons dépendent les uns des autres. Ce système permet aux jeunes de mieux comprendre la science et le cycle de la vie.
L’enseignante a aussi permis à ses élèves de réaliser un projet agricole en partenariat avec le Biodôme de Montréal : Sem’ail. Au mois de mai 2014, les jeunes ont semé 1 000 graines d’ail des bois, qui est en voie de disparition au Québec. D’ici quelques semaines, ils retourneront sur les lieux pour vérifier les pousses et remettre un rapport au Biodôme.
Énergique et passionnée, Isabelle Gosselin mène toute une série de projets pour ses élèves, à l’intérieur comme à l’extérieur de la classe. « C’est grâce au bon esprit d’équipe qui règne dans l’école que je peux faire tout ça », dévoile-t-elle en remerciant sincèrement ses collègues.
« Pour moi, l’enseignement est une responsabilité sociale », poursuit-elle. Son engagement et le lien privilégié qu’elle développe avec ses élèves témoignent de cette volonté de faire la différence. « C’est mon devoir d’aider ces jeunes à réussir, croit-elle. Je veux leur apprendre que malgré les difficultés, ils peuvent vivre une vie normale avec les autres. »