

Posséder une voiture capable de parcourir 1 347 kilomètres avec un seul litre d’essence : voilà qui fait rêver. Il faudra toutefois patienter encore un peu avant d’en profiter. Pour l’instant, cet exploit appartient à un seul véhicule, l’Alérion Supermileage, conçu et fabriqué par des étudiants en génie de l’Université Laval. Détenteur du record nord-américain de consommation, il pourrait bien, qui sait, ouvrir la voie à des technologies révolutionnaires réduisant notre dépendance au pétrole pour nos déplacements.
Le succès de l’Alérion Supermileage ne tient pas du hasard. Depuis 2008, la voiture des étudiants de l’Université Laval a remporté à trois reprises la prestigieuse compétition SAE Supermileage au Michigan et, également trois fois, l’Éco-marathon Shell des Amériques au Texas. Si l’Alérion accumule les honneurs, c’est parce que ses concepteurs investissent chaque année un nombre considérable d’heures de travail, mus par la volonté de faire toujours mieux.
Pour les compétitions 2012, l’équipe d’une vingtaine de personnes a redoublé d’efforts afin d’améliorer son véhicule. Les étudiants ont conçu un nouveau châssis monocoque autoportant en fibre de carbone ultraléger, fabriqué leurs propres roues en matériaux composites – réduisant ainsi de moitié les pertes de roulement – et perfectionné le système d’injection électronique.
Avec ces améliorations, les objectifs étaient ambitieux : décrocher de nouveau les premières places aux deux compétitions prévues et battre le précédent record en visant environ 1 700 kilomètres au litre. Compte tenu des performances passées, tous les regards étaient tournés vers le monoplace de l’Université Laval. Malheureusement, des ennuis techniques ont contrarié ces espoirs : l’Alérion a tout de même terminé troisième au Michigan.
« Nous aurions souhaité de meilleurs résultats, mais nous sommes très satisfaits du travail accompli. Cette année, nous avons fabriqué de A à Z notre nouvelle coque en matériaux composites. Les résultats liés à ce châssis sont encourageants, et l’an prochain sera en grande partie consacrée à la caractérisation du moteur. Nous sommes convaincus que la prochaine saison sera excellente », explique Michèle Boutin, porte-parole du projet.
En attendant, les étudiants participent régulièrement à des événements comme le Salon de l’auto de Québec ou les journées portes ouvertes de l’Université Laval afin de présenter leur bolide au public et de discuter de ses performances.
« Nous sommes persuadés que, bientôt, les idées et innovations appliquées à notre véhicule seront reprises par les grands noms de l’industrie automobile. Les conducteurs pourront alors bénéficier de voitures moins polluantes et contribuer ainsi à préserver la planète », espère la porte-parole.