Un enseignant engagé à  se servir de la musique pour faire découvrir le monde à  ses élèves et les aider à  développer leur identité

Ayant découvert très jeune les vertus éducatives de la musique et de la vie de tournée, Sylvain Caron a fait le choix tôt dans sa vie de transmettre à  d’autres sa soif d’apprendre et de s’épanouir à  travers la musique. Commençant sa carrière d’enseignant au primaire en 1992, il a rapidement migré vers le niveau suivant où, au sein de l’école secondaire Dorval-Jean-XXIII, il a créé de toutes pièces le programme de concentration musique. Partageant maintenant son temps entre les harmonies scolaires, les camps musicaux et les voyages internationaux, il amène ses élèves à  s’ouvrir sur le monde, à  découvrir leur propre identité et à  devenir des ambassadeurs de notre culture musicale.

Dans cette école où la grande majorité des élèves ont des origines multiethniques, le défi de stimuler le développement identitaire de la jeunesse est une véritable vocation pour Sylvain Caron. « Pour moi, apprendre, c’est parfois être déstabilisé pour mieux se rebâtir. Avec mes projets, je cherche souvent à  bousculer, à  marquer l’élève en donnant un sens et un but concrets à  la réalisation de la tâche », indique l’enseignant.

À titre d’exemple, il raconte que dans la tournée en France qui se déroulera en avril qui vient, l’orchestre de la concentration musique aura à  se produire sur la plage Juno, en Normandie, là  où les soldats canadiens ont débarqué le 6 juin 1944 lors de la Seconde Guerre mondiale. À cette occasion, les élèves interpréteront, en plus d’œuvres de Garolou, Serge Fiori, Robert Charlebois, Éric Lapointe, Mes Aà¯eux et bien d’autres, l’hymne national canadien, ce à  quoi s’était opposé un des participants. « Je l’ai amené plus loin dans sa réflexion. Je lui ai fait comprendre qu’il avait droit à  ses opinions politiques, mais qu’il s’agissait là  d’un fait historique important auquel des Canadiens et des Québécois avaient participé, et que la musique servait à  leur rendre hommage. Je l’ai ainsi poussé à  voir les choses différemment », fait valoir Sylvain.

Pour l’enseignant, il s’agit là  d’un exemple parmi d’autres. Au cours des dix dernières années, les différentes tournées qu’il a organisées et planifiées de bout en bout en Espagne, en Italie, en Autriche, en République tchèque et ailleurs ont toutes été des occasions pour les élèves de multiplier les situations d’apprentissage. Il se rappelle une tournée en Chine au cours de laquelle il a proposé aux élèves de réaliser une vidéo sur le phénomène du « 7e continent »; ce projet visait à  sensibiliser les gens au problème des matières plastiques flottant dans l’océan qui se regroupent en une immense masse compacte.

Travailleur décidément infatigable, Sylvain organise les camps musicaux de l’école, celui de la commission scolaire dont il est le directeur artistique, ainsi que les multiples spectacles des harmonies vocales en milieu et en fin d’année qu’il supervise depuis quinze ans. Il montre encore toute son énergie lorsqu’il monte la tournée annuelle des écoles primaires, par laquelle il amène ses élèves à  redonner un peu de leur savoir aux plus jeunes en échangeant avec eux et en leur enseignant les rudiments d’un instrument.

L’approche de Sylvain est fort simple : chaque nouvelle aventure devient un prétexte pour apprendre. Pour lui qui n’a pas eu la chance de bénéficier d’un programme de musique alors qu’il était adolescent, et qui a appris à  jouer de différents instruments dans les corps de clairons, la création d’un programme unique à  l’école s’imposait d’elle-même.

« C’est ma façon de contribuer au développement de nos citoyens de demain. La musique est un bon vecteur pour les enraciner dans notre collectivité. Parfois, il y a des jeunes qui ne voient pas l’aspect global de la démarche. Quelques années plus tard, ils reviennent me voir pour me dire qu’ils ont compris l’importance de tout ça et qu’ils en perçoivent les bénéfices », conclut l’enseignant.