Des élèves engagés à  ouvrir les yeux des jeunes sur les conséquences possibles de la conduite avec les facultés affaiblies

Il y a quelques années, après le décès de sa cousine dans un accident de la route causé par le conducteur ivre de la voiture dont elle était passagère, Samantha Vachon, élève de la Polyvalente des Abénaquis, s’est dit qu’elle devait faire quelque chose pour éviter qu’un tel drame se reproduise dans son entourage. De cette volonté est né l’an dernier le projet Sur quelle roue voulez-vous rouler?, qui propose aux élèves de 5e secondaire de vivre leur vie, le temps de relever quelques défis, telle qu’elle serait s’ils perdaient l’usage de leurs jambes dans un accident de la route. Un exercice qui a certainement eu l’effet dissuasif recherché sur plusieurs des 170 participants en deux ans.

« Même si on fait valoir auprès des jeunes qu’ils pourraient perdre la vie en conduisant avec les facultés affaiblies, c’est difficile de faire passer le message, parce qu’on ne peut pas expérimenter la mort. Mais qu’un accident handicape le reste de ta vie, ça, c’est plus facile à  imaginer, car on peut simuler un handicap. C’est cet angle que j’ai pris avec mon projet », raconte Samantha, aujourd’hui en 5e secondaire.

Le projet Sur quelle roue voulez-vous rouler? est fort simple. Il invite les élèves à  réaliser trois activités de la vie courante : aller à  la toilette, ramasser des objets sur le sol et se déplacer à  la cafétéria avec un plateau de nourriture où se trouvent un verre d’eau et un bol de soupe. Facile, direz-vous? Pas lorsqu’on doit faire tout ça en fauteuil roulant.

« L’an dernier, quand j’ai proposé mon projet à  la direction de l’école, elle a tout de suite accepté. J’ai alors réuni une vingtaine de bénévoles et nous avons amorcé la planification. Cela semble simple, mais il y avait beaucoup de travail à  faire. Pour que les élèves comprennent bien l’activité, nous avons tout d’abord réalisé une vidéo de quelques minutes qui raconte l’histoire d’un garçon qui perd l’usage de ses jambes dans un accident qu’il a causé lui-même après avoir consommé de l’alcool. Cela mettait la table pour le reste de l’activité », explique Samantha.

Une fois les épreuves de fauteuil roulant terminées, les élèves visionnent les témoignages de personnes qui ont perdu des êtres chers ou qui ont été victimes d’un accident de la route et en sont restées physiquement marquées à  jamais.

Samantha et son équipe ont proposé l’activité pour une deuxième fois cette année. Comme elle s’adresse uniquement aux élèves de 5e secondaire, la clientèle se renouvelle chaque année et celle-ci doit chaque fois être sensibilisée aux conséquences possibles de la conduite avec les facultés affaiblies.

« C’est difficile de savoir si, à  long terme, mon projet aura un impact réel sur ceux qui y participent, mais je crois que s’il peut sauver ne serait-ce qu’une seule vie, il aura été un succès », avance l’adolescente, qui ajoute travailler présentement à  constituer une relève afin que le projet se perpétue dans les années à  venir.

Samantha voit d’ailleurs beaucoup plus loin que les frontières de la Polyvalente des Abénaquis pour assurer une longue vie à  son projet. Son souhait le plus cher serait de voir des élèves d’autres écoles secondaires de sa région et même d’ailleurs au Québec s’inspirer de son projet, voire se l’approprier afin de le reproduire dans leurs écoles.

« J’étais un peu craintive devant l’organisation de tout ça, mais finalement, je suis très fière et satisfaite du travail réalisé. En fin de compte, il suffit d’y croire et de vouloir changer les choses pour réussir », ajoute-t-elle.

Et comme elle le dit si bien, plus il y aura de jeunes sensibilisés aux dangers de la conduite avec les facultés affaiblies, moins il y aura de risques que des personnes en soient victimes, comme sa cousine l’a été.