Samuel Roy
Un élève engagé à accepter sa condition physique pour y puiser une source de motivation et de réussite
À l’image de nombreux autres adolescents, Samuel Roy s’entraîne dans un gym, participe à des événements sportifs, prend part aux activités parascolaires de son école et fait, à l’occasion, du bénévolat. Dans ses études, l’élève de 4e secondaire à la polyvalente Marcel-Landry de Saint-Jean-sur-Richelieu tire aussi son épingle du jeu, et il espère obtenir son diplôme au printemps 2016. Il y a pourtant un monde de différences entre Samuel et les autres jeunes de son âge. Une paraplégie spastique le cloue à son fauteuil roulant depuis des années et une paralysie de la luette l’empêche de s’exprimer librement. Malgré cela, son courage, sa détermination et sa persévérance font de lui un élève connu et respecté de tous à son école.
L’expression « être prisonnier de son corps », Samuel sait plus que quiconque ce qu’elle signifie. Il est pourtant le premier à dire que ce n’est pas une raison pour s’empêcher de profiter de la vie, de savourer chaque nouvelle expérience et même d’avoir une attitude de gagnant. Ceux qui l’entourent s’émerveillent sans cesse devant sa capacité à mener à bien chacun de ses projets, et surtout devant son immense sens de l’humour.
« Pour nous tous, les élèves comme les membres du personnel, c’est tout simplement un bonheur de côtoyer Samuel tous les jours. Il participe à presque tous nos événements et se mêle aux autres élèves. C’est juste frappant de voir comment, malgré sa condition, il fait vraiment partie de l’école. Parfois, il faut même l’arrêter, sinon il se met à dire des niaiseries », lance à la blague, avec une lueur d’admiration dans le regard, Louis-Philippe Dubois, le directeur adjoint de l’école, provoquant ainsi un éclat de rire chez Samuel.
« J’ai décidé de laisser entrer la vie dans ma vie et de ne jamais laisser les limites des gens me limiter, explique par écrit l’adolescent. Mais mon plus grand défi, c’est quand même de rester positif. C’est en participant à toutes sortes d’activités que j’y parviens. »
La forme de paraplégie spastique dont Samuel est atteint est extrêmement rare. Selon M. Dubois, il n’y aurait que quelques cas similaires à celui de Samuel au Québec. Même les médecins éprouveraient de la difficulté à définir avec exactitude la maladie du jeune homme et surtout ses causes. Mais bien que cette maladie ait obligé Samuel à se déplacer strictement en fauteuil roulant électrique depuis cinq ou six ans, il caresse le rêve de se remettre à marcher un jour. C’est ce qui le motive à poursuivre ses entraînements physiques à raison de deux à trois fois par semaine avec un entraîneur privé. Il puise aussi une grande motivation dans le fait qu’il participe chaque année, depuis qu’il a huit ans, au Défi sportif AlterGo, compétition qui regroupe des athlètes handicapés et à travers laquelle Samuel s’est distingué à la course en fauteuil roulant et au lancer du poids.
À l’école, en raison de ses absences fréquentes, l’élève a été transféré dans un programme modulaire pour qu’il puisse progresser à son rythme, profiter au maximum de certaines périodes de récupération et être assisté en orthopédagogie. À l’automne dernier, il a amorcé des cours de diction dans le but de mieux se faire comprendre. Il est aussi accompagné par un coach de vie, qui l’aide à conserver le focus sur sa réussite et à transformer ses découragements en sources de motivation.
« Je pense que mes difficultés physiques m’ont permis de trouver en moi une force qui m’aide à voir tous les obstacles qui se présentent comme des occasions de puiser dans mes ressources afin d’aller plus loin et de vivre des réussites. Cela me pousse aussi à utiliser les ressources mises à ma disposition. J’ai choisi de réussir pour moi, pour être heureux et bien avec moi-même », conclut Samuel, qui fait preuve d’une résilience hors du commun.