Marie-Claude Stébenne
Une enseignante engagée à amener les jeunes, par le théâtre, à croire en eux et à exprimer leur créativité
Pour favoriser le développement global des adolescents, certains se servent des sports, des projets scientifiques ou des voyages communautaires. Pour Marie-Claude Stébenne, l’outil de prédilection est le théâtre. Celle qui enseigne cette discipline artistique à l’école secondaire André-Laurendeau a tout mis en place pour permettre aux élèves de découvrir le plaisir de la scène et de s’exprimer à travers lui. Par des cours optionnels en fin de journée, des midis théâtre, des sorties pour assister à des représentations, la supervision de stages dans des milieux professionnels, la coordination de projets spéciaux et l’adaptation de pièces l’année durant, elle dit créer simplement les occasions de former, dès aujourd’hui, les citoyens de demain.
« Pour certains, les jeunes sont l’avenir. Pour moi, ils sont le présent, et je constate depuis longtemps qu’ils désirent s’impliquer et donner au suivant beaucoup plus qu’on le pense. C’est quand on leur permet de vivre des projets qu’ils apprennent à prendre leur place dans une équipe, à écouter quand c’est le temps et à s’ouvrir au monde. Le théâtre leur permet toutes ces choses », explique l’enseignante.
De ce fait, Marie-Claude s’engage à inspirer, à créer les liens qui soutiennent les idées créatrices, à faire rêver et à tenter l’impossible pour que tous les élèves vivent des succès et développent le goût du dépassement. C’est ainsi qu’elle est, depuis de nombreuses années, la productrice et la metteure en scène d’environ sept spectacles de théâtre par an.
« Mon travail permet de réunir la communauté et le monde scolaire. Avec toutes ces représentations, le théâtre permet aux parents et à d’autres personnes de notre communauté de voir à quel point nos jeunes sont talentueux », fait valoir Marie-Claude.
À cela s’ajoutent tous les projets spéciaux. Par exemple, avec des élèves soucieux de s’impliquer socialement, elle a déjà produit des spectacles de jeux clownesques destinés à des enfants malades et à des personnes âgées dans des hôpitaux. Depuis cinq ans, les jeunes, sous sa supervision, investissent de nombreuses heures dans la production de la maison hantée qui prend forme pour une semaine dans l’école à chaque mois de novembre. Toujours différente, cette création collective attire les foules jusqu’à créer, à la grande satisfaction des élèves participant à sa confection et à son animation, des files d’attente.
« Dans chaque projet, les jeunes en apprennent sur eux-mêmes. J’ai vu des élèves se découvrir des talents en gestion, d’autres en aménagement et d’autres en interprétation. Les effets sont grands et à plusieurs occasions, des élèves m’ont témoigné l’importance que de tels projets ont eue dans leur développement », indique l’enseignante.
C’est pourquoi Marie-Claude ne veut imposer aucune limite à la créativité et aux projets qui en découlent. Sa seule contrainte : le temps. Elle est en perpétuelle recherche de temps afin de trouver les ressources nécessaires à la réalisation de projets. D’où l’importance des midis théâtre, pendant lesquels elle ouvre la porte de ses locaux et accueille ceux qui souhaitent répéter, travailler sur des décors ou simplement se retrouver dans un endroit qui leur ressemble. S’il le faut, elle trouve le temps en fin de journée, les soirs ou la fin de semaine pour apporter son aide, donner des cours, faire répéter les acteurs et planifier des sorties au théâtre.
« Je me souviendrai toujours de cette fin d’année où un élève m’a écrit une lettre qui me révélait que si la porte de mon local n’avait pas été ouverte tous les jours de l’année pour accueillir les jeunes « théâtreux », il serait mort avant la fin de sa 5e secondaire. J’ai alors compris toute l’envergure du mot engagement », conclut-elle.