Les Palettes pas « lettes »
Des élèves engagés à donner une nouvelle vie à du bois destiné aux rebuts
Certaines personnes parviennent à réaliser des merveilles à partir de presque rien. C’est le cas des élèves du cours de menuiserie du pavillon Le Tournant de la Polyvalente Jean-Dolbeau. Ils ont entrepris, avec l’aide de leur professeur, Denis Perron, un ambitieux projet de récupération du bois de « palettes » utilisées dans le domaine de la manutention pour le transformer en magnifiques chaises Adirondack ainsi qu’en jolies tables d’appoint. Démonter les palettes, trier les pièces de bois, les traiter, les couper, les assembler, donner une belle finition au mobilier : les apprentis menuisiers réalisent toutes les étapes de production. En plus d’apprendre les règles de l’art de la menuiserie, ces jeunes développent une foule de compétences et d’aptitudes qui leur serviront toute la vie. Plus encore, ils goûtent le plaisir de la réussite, la joie de créer et la satisfaction de mener un projet, du début à la fin. Une initiative à la fois écologique, pratique et éducative qui permet à des jeunes de se découvrir des talents? Qui dit mieux?
Pas facile de rester motivé par son parcours scolaire quand la réussite n’est que trop rarement au rendez-vous. Les jeunes du cours de menuiserie le savent, eux qui doivent composer avec des difficultés d’apprentissage, notamment. La force du projet de récupération des palettes de bois réside justement dans sa capacité à leur faire vivre l’expérience d’une réalisation concrète dont ils sont les principaux acteurs. Pourtant, avant que le bois ne devienne un meuble, les étapes à franchir sont nombreuses et les défis, souvent de taille. « Le bois que nous utilisons pour construire les meubles provient des palettes les plus endommagées, explique Denis Perron. Il s’agit de bois destiné à l’enfouissement. Il faut donc mettre beaucoup d’énergie à le préparer et à le traiter pour le rendre adéquat pour la construction de meubles. »
Pour avoir la chance de participer aux périodes d’atelier pendant la semaine, les jeunes doivent fournir les efforts nécessaires en vue de leur réussite des cours au programme. Les heures de travail manuel sont si agréables pour eux qu’ils les perçoivent comme une récompense. « C’est un immense levier pour les motiver à poursuivre leurs efforts en classe. S’ils ne réussissent pas, ils n’ont pas droit de travailler à l’atelier », explique monsieur Perron. En ce sens, ce sont des aptitudes de persévérance et de discipline qu’ils doivent développer pour s’adonner à leur nouvelle passion. En atelier, les élèves apprennent à manipuler les équipements de façon sécuritaire et à maîtriser les techniques de menuiserie, ce qui renforce chez eux des qualités essentielles. « Ce projet leur a permis de développer leur créativité, leur sens de l’autonomie, le leadership pour certains, le sens des responsabilités, le souci du travail bien fait et l’esprit d’équipe », affirme Jérémie Gagnon, directeur adjoint de la polyvalente. Sans compter qu’en détournant de la matière destinée aux déchets pour la revaloriser, ils mettent de l’avant leur fibre écolo.
Les jeunes ont toutes les raisons d’être fiers. Ils ont accompli des merveilles à partir de rien et ont trimé dur pour réaliser leur projet. Ils y sont parvenus avec brio, puisque cet été, des centaines de touristes de passage dans un camping de la région pourront s’installer confortablement sur la trentaine de chaises qu’ils ont fabriquées. Voilà des apprentis menuisiers qui auront largement démontré… de quel bois ils se chauffent!