Des élèves engagés à  promouvoir la diversité culturelle et linguistique de la francophonie

Depuis déjà  quelques années, les élèves de la jeune Coop Expo-sciences de l’école secondaire L’Odyssée-des-Jeunes surprennent par leur originalité en mettant sur pied des expositions de grande envergure sur des thèmes variés. Une fois de plus, ces élèves ont redoublé de créativité en organisant, du 15 au 17 avril dernier, l’Expo-sciences La diversité à  L’Odyssée. S’inspirant de la variété culturelle de leur propre classe (17 nationalités différentes sur 21 élèves), ces jeunes dysphasiques ont exploré, sous l’angle ouest-africain, la diversité culturelle et linguistique de la francophonie. Tout cela au grand plaisir des quelque 1000 visiteurs accueillis durant l’événement.

« Comme chaque année, ce sont nos élèves qui ont la responsabilité de trouver le thème de l’événement. En début d’année, quand chaque élève s’est présenté, cela a été comme une évidence. En voyant le nombre de nationalités différentes dans la classe, une des élèves a suggéré de mettre la diversité culturelle au cœur de notre événement », raconte Sophie Boisvert, une enseignante en adaptation scolaire qui, avec l’appui de ses collègues Annie Verrette et Christian Deneault, encadre les élèves dans cette grande aventure.

Comme le thème de la diversité culturelle s’avère très vaste, il fallait faire des choix. Les élèves, après une bonne quantité de recherches, de visites, de rencontres et de concours de circonstances, ont souhaité donner une saveur ouest-africaine à  leur événement. Plus précisément, c’est en échangeant avec la mère d’un élève originaire du Mali, en visitant le Centre Afrika et surtout en entreprenant une correspondance avec un groupe d’élèves de l’école Nafitini en Côte d’Ivoire, que les élèves ont senti cette direction de création prendre le dessus.

En fin de compte, lors de l’événement, les élèves ont présenté une dizaine de kiosques proposant notamment la découverte des saveurs d’Afrique par la dégustation de jus de fleurs d’hibiscus et de gingembre, la manipulation d’instruments de musique typiques comme le balafon et le djembé, la possibilité de jouer à  l’awalé (un jeu de société). Aussi, les visiteurs ont pu découvrir les mœurs et coutumes des pays d’Afrique de l’Ouest et bien sûr être sensibilisé aux enjeux de l’accès à  l’eau potable pour ses populations.

Pour les élèves promoteurs du projet, le pont bâti entre eux et le groupe de l’école Nafitini a servi de point d’ancrage à  tout ce déploiement. Ils n’ont d’ailleurs pas manqué de partager leur expérience d’échange culturel avec les visiteurs de l’expo-sciences. « Nous avons commencé par envoyer des lettres avec des photos, puis les élèves se sont dit que cela n’allait pas assez vite. Nous avons donc acheté et fait acheminer du matériel informatique là -bas afin de faciliter nos échanges. Tout est rendu en Côte d’Ivoire, et il ne reste aux gens là -bas qu’à  tout installer », explique l’enseignante.

Bien entendu, l’organisation d’un événement d’une telle ampleur tranche radicalement avec les traditionnelles activités d’apprentissage pratiquées par les élèves dysphasiques. Pour eux, pouvoir s’impliquer dans un projet à  caractère entrepreneurial, et surtout pouvoir décider des événements à  orchestrer et de leur contenu, représente une occasion en or pour sortir de leur isolement, déployer leurs capacités et cultiver leur estime de soi. À cela s’ajoute l’acquisition de nouvelles compétences quant à  la communication et aux habiletés sociales.

« Je suis beaucoup moins gênée qu’auparavant. J’ai appris à  bien m’exprimer et à  bien présenter différents sujets. Ce n’est pas toujours facile de parler devant des adultes ou des élèves du régulier, mais j’y suis arrivée et j’en suis très fière. Je suis maintenant une experte de la présentation devant des gens », assure Karina Rivera, la porte-parole élève du projet.