Un enseignant engagé à  créer, grâce aux arts, un milieu d'apprentissage ludique et stimulant pour favoriser l'épanouissement et la réussite des jeunes

S’affichant comme une personne réfractaire à  toute forme d’individualisme, Gilbert Trudel, enseignant de cinéma et d’art dramatique à  l’école secondaire Paul-Gérin-Lajoie-d’Outremont, crée depuis des années des occasions d’entraîner les élèves sur le chemin de la collaboration. Mise sur pied de la Semaine des arts, puis de la Saison des arts, conception et adaptation de pièces de théâtre, création du journal culturel étudiant L’IRIS, planification de diverses semaines thématiques et coordination des activités du midi, tous les moyens sont bons pour amener les élèves à  travailler ensemble, à  vivre l’école autrement, souvent de manière ludique et stimulante, dans le but de générer le désir d’apprendre.

« Un vieil adage nous invite à  être le changement que nous aimerions voir se produire dans notre société. C’est de cette philosophie que je m’inspire dans chacune des sphères de mon travail, et ce, en espérant à  mon tour inspirer les jeunes pour qu’ils s’impliquent tout autant », fait valoir Gilbert Trudel.

Pour parvenir à  stimuler le désir de créer et d’entreprendre chez les adolescents, l’enseignant se plaît à  voir l’école comme une vaste scène de théâtre où les élèves, plutôt que de jouer le rôle de spectateurs, deviennent les principaux acteurs. Par la force des choses, en cherchant constamment à  provoquer l’engagement des jeunes et à  piquer leur curiosité intellectuelle, il a mis en œuvre des actions qui ont rapidement pris d’importantes proportions à  l’extérieur de sa salle de classe. De fil en aiguille, en plus de sa charge de cours, il a obtenu le chapeau d’ambassadeur des arts et de coordonnateur de la vie étudiante.

Dans le premier cas, son mandat est de parvenir à  faire rayonner les arts dans l’école, mais également dans la communauté environnante. C’est de là  que lui est venue l’idée de mettre sur pied la Semaine des arts, qui s’est transformée en Saison des arts. Derrière ce concept se cache simplement la volonté de décloisonner les différentes disciplines artistiques enseignées à  l’école (musique, danse, arts plastiques et art dramatique) pour amener les élèves à  travailler ensemble et à  proposer des prestations qui regroupent toutes les formes d’art. L’intention de l’enseignant est de faire évoluer le tout vers un vaste festival d’une saison qui réunirait plusieurs écoles.

À titre de coordonnateur de la vie étudiante, Gilbert fait de manière officielle ce qu’il effectuait déjà , c’est-à -dire piloter l’organisation des semaines thématiques comme celle des sciences, des années 1960 ou de la francophonie, ou encore toute autre activité qui lui offre l’occasion de mobiliser les élèves. « Cela me permet d’être en constante relation avec les élèves, mais aussi avec les autres profs qui m’assistent dans l’organisation des semaines thématiques. Cela fait un milieu de vie stimulant pour tous », assure-t-il.

En plus de toutes ces responsabilités, le professeur écrit ou adapte les pièces de théâtre. En tout, il prépare six productions différentes par année. Il y a également le journal L’IRIS qu’il a fondé et qu’il coordonne. Bientôt, sa version sous la forme de capsules Web devrait prendre forme, ce qui permettra de diffuser encore plus largement l’information culturelle. Et, il ne faut pas oublier son projet de transformation du système de babillards de l’école en des fenêtres ouvertes sur la culture et les différentes activités qui se déroulent dans l’établissement scolaire.

« Je crois que nous avons tous besoin d’une vision plus inspirante de l’école. Une vision qui doit être axée sur le partage et non pas seulement sur un système unilatéral de transfert des connaissances. En mettant en place des moyens pour faciliter la création intellectuelle des élèves, j’ai trouvé une façon pour moi aussi d’apprendre d’eux. C’est bénéfique pour tous et surtout très inspirant », indique en guise de conclusion Gilbert Trudel.