Enrika Bouchard-Lessard

Une élève engagée dans la vie étudiante de son école pour l'aider à  surmonter ses difficultés et ainsi réussir son secondaire

À l’école, quand le moindre mouvement de chaise, le plus petit crayon qui tombe au sol ou tout cartable qui se referme devient une forme de distraction pour une élève hyperactive aux prises avec un déficit de l’attention et le syndrome de Gilles de la Tourette, il est compréhensible qu’elle ait de la difficulté à  suivre la cadence. Cette jeune fille, c’est Enrika Bouchard-Lessard. Dès le primaire, elle a dû apprendre à  composer avec sa réalité et à  trouver des moyens pour avancer, tout cela en se jurant de ne jamais jouer les victimes. Aujourd’hui, à  l’aube de la fin de son secondaire, l’élève de 5e à  la Polyvalente de L’Ancienne-Lorette sait pertinemment que c’est à  sa volonté de fer et à  sa grande persévérance qu’elle doit sa réussite.

« Au primaire, j’ai vraiment éprouvé beaucoup de difficultés. Je n’étais pas capable de rester concentrée plus de cinq minutes. Puis, alors que j’avais 8 ou 9 ans, le syndrome de Gilles de la Tourette est apparu, ce qui a compliqué encore plus les choses, car en plus de mes problèmes à  l’école, on s’est mis à  me regarder drôlement en raison de mes tics moteurs », raconte Enrika, précisant avoir été chanceuse, au moins, de ne pas être aux prises avec les tics vocaux qui caractérisent souvent ce trouble neurologique.

Malgré tout, l’enfant qu’elle était ne voulait pas se décourager, ni surtout qu’on la prenne en pitié. Rapidement, elle a appris à  comprendre son état, à  l’accepter et à  l’expliquer à  ses camarades de classe. En prenant ainsi les devants, elle parvenait à  éviter les railleries et surtout à  prendre sa place.

De fil en aiguille, elle s’est mise à  mieux contrôler ses tics moteurs et les situations de stress qui, généralement, provoquent des crises plus intenses. Pour rattraper son retard à  l’école, elle s’est mise à  fréquenter assidûment les périodes de récupération, à  échanger plus fréquemment avec ses enseignants, à  exprimer ses besoins et à  travailler quotidiennement à  la maison.

Puis, après quelques années passées dans des classes d’adaptation scolaire, tant au primaire qu’au secondaire, elle a choisi il y a trois ans qu’il était temps pour elle de passer à  un autre niveau. Voilà  pourquoi elle a voulu essayer l’option hockey de l’école, ce qui l’obligeait à  intégrer le niveau régulier de 3e secondaire. Environ au même moment, elle s’est mise à  faire du cheerleading et à  s’impliquer dans la vie étudiante. L’an dernier, son attitude positive et son enthousiasme débordant l’ont ainsi amenée à  participer à  l’organisation du Rail Jam, une compétition de snowboard se déroulant à  l’école, événement qu’elle a animé, et à  se joindre au projet d’échange scolaire, ce qui l’a conduite en France.

« Mon implication m’aide à  apprécier davantage l’école et aussi à  dépenser mon surplus d’énergie. Cela me permet de m’évader un peu, de sortir la tête de mes livres et, en fin de compte, je suis plus concentrée pendant la classe et pour faire mes travaux », explique Enrika.

Cette année, en plus d’animer le concours du plus beau costume lors de la fête d’Halloween, elle s’est portée volontaire comme mannequin pour le traditionnel défilé de mode qui a lieu chaque année à  l’école, elle s’est jointe au comité de l’album des finissants, où elle coordonne la réalisation du produit, et elle a accepté la présidence du comité du Bye Bye, le spectacle de fin d’année organisé par les finissants.

« Maintenant que je termine mon secondaire, je sais que je peux poursuivre mes études et j’ai bien l’intention de le faire. Mes efforts m’ont récompensée et si je le souhaite, je pourrai même faire des études universitaires », conclut Enrika, qui est la preuve vivante qu’avec de la persévérance, on peut aller au bout de ses rêves.