DéfiESSA
Centre de services scolaire de Laval
Des élèves engagés à promouvoir de saines habitudes de vie en pédalant 118 km
Il devient aujourd’hui de plus en plus difficile d’intéresser les jeunes à l’entraînement physique et de les sensibiliser à l’importance des saines habitudes de vie. Josée Alain, une enseignante d’éducation physique à l’École secondaire de Saint-Anselme, dans Bellechasse, a donc mis sur pied le DéfiESSA, une invitation pour les jeunes à effectuer une randonnée à vélo de 118 km en une seule journée. Il suffit parfois d’un simple défi pour stimuler la fierté et l’orgueil, car une soixantaine d’élèves ont emboîté le pas lors des deux dernières années et ont ainsi compris la valeur bénéfique d’un accomplissement personnel.
Bien placée pour constater qu’une certaine catégorie de jeunes délaisse de plus en plus l’activité physique, Josée Alain, elle-même adepte de cyclisme depuis longtemps, cherchait depuis un moment une façon de stimuler les élèves de son école à retrouver des habitudes sportives. Avouant s’être librement inspirée du célèbre Grand défi Pierre Lavoie, elle raconte que lorsqu’elle a présenté le projet aux élèves, cela en a effrayé plusieurs sur le coup.
« En 2013, quand j’en ai parlé pour la première fois, les élèves me disaient : « Quoi, 118 km??? àŠtes-vous tombée de votre vélo, Mme Alain? On est pas des athlètes, nous, on peut pas faire ça! » Puis je leur ai expliqué que tout le monde pouvait réussir, les sportifs comme les autres, avec ou sans surplus de poids. Qu’il suffisait de volonté et de persévérance. Nous avons eu 60 inscriptions! » se remémore-t-elle tout en précisant que pour bien se préparer au défi, les jeunes doivent s’engager à suivre un programme d’entraînement d’au moins huit semaines.
Aujourd’hui en 5e secondaire, Jilles Bisson se souvient qu’à la présentation du projet, elle y a plutôt vu l’occasion de se mettre enfin à bouger. « Je n’avais jamais fait de sport avant cela. Le projet m’a vraiment plu et je me suis inscrite spontanément. J’ai commencé le programme d’entraînement en salle avec des amis, et quand est venue la journée de la randonnée, j’étais prête. Je n’avais pas le meilleur vélo, mais je l’ai faite. »
Le 5 juin prochain, Jilles participera pour la troisième fois au DéfiESSA. Elle n’est d’ailleurs pas la seule à répéter l’exploit, signe que l’événement plaît et qu’il est devenu quelque chose d’attendu du côté des jeunes. D’ailleurs, l’édition 2015 marquera un tournant pour le développement du projet. En effet, des jeunes d’une autre école de la région, l’École secondaire de Saint-Charles, se joindront à ceux de l’École secondaire de Saint-Anselme pour parcourir les 118 km de la Cycloroute de Bellechasse couvrant l’aller-retour entre l’école et la ville d’Armagh, faisant ainsi passer le nombre de jeunes cyclistes à environ 110. Certaines personnes parlent même d’ajouter une troisième école pour le défi de 2016.
« Le DéfiESSA est devenu un projet rassembleur pour l’école, mais aussi pour notre communauté. De nombreuses personnes et des entreprises s’impliquent bénévolement. Il y a aussi des enseignants qui participent au défi, et des gens de la communauté. Dans notre école, cela a créé un nouveau sentiment de fierté et d’appartenance », fait valoir Marie-Andrée Gilbert, la directrice de l’école secondaire.
Lors du défi, pour que le rythme de chacun soit respecté, les participants peuvent se joindre à l’un ou l’autre des trois groupes de vitesse. De cette façon, chacun peut aborder le défi selon ses capacités et effectuer le parcours sans être isolé. De plus, chaque participant reçoit un chandail de vélo aux couleurs de l’école, prouvant ainsi qu’il a atteint son objectif de dépassement.
« Acquérir de saines habitudes sportives, cela commence par comprendre que relever des défis est chose possible. Et lorsque nos jeunes poursuivront leur vie, ils auront en tête cette réussite et cette volonté de se dépasser », conclut Mme Alain.