Christine Poudrier
Une enseignante engagée à aborder avec ses élèves les arts plastiques sous l'angle de l'implication sociale
En début d’année scolaire, quand Christine Poudrier a décidé de transformer une activité scolaire en un projet destiné à égayer le quotidien de jeunes enfants moins bien nantis, cette enseignante au grand cœur souhaitait faire découvrir à ses élèves la portée sociale des arts. Pour cela, des élèves en arts plastiques du Séminaire Saint-François devaient transformer un petit monstre dessiné par un enfant d’une école primaire en un véritable toutou. Mieux encore, une douzaine de volontaires iraient remettre en mains propres aux enfants la centaine de peluches confectionnées. Un projet simple, mais ô combien formateur, qui démontre l’énergie avec laquelle l’enseignante s’engage dans le développement de la jeunesse.
« Faire un geste gratuit et obtenir comme seule récompense la joie qui apparaît dans les yeux d’un enfant, cela donne une valeur inestimable à des travaux scolaires, fait valoir l’enseignante de 30 ans. Avec la dimension sociale donnée au projet Toutous insolites, il était évident que les élèves trouveraient un sens à leur démarche et qu’ils y consacreraient beaucoup plus d’efforts. Ce n’était pas juste pour une note, mais pour faire plaisir à un enfant. »
La mise sur pied du projet n’a pas été de tout repos, mais le jeu en valait la chandelle pour Christine. Elle a dû faire les approches dans une école primaire du quartier Saint-Sauveur de Québec, élaborer les documents pédagogiques pour les jeunes enfants de maternelle, de 1re et 2e année du primaire et pour ses propres élèves, superviser la confection des peluches et en produire elle-même, et orchestrer la petite fête de Noël où ses lutins ont remis les présents aux enfants.
« On ne s’en cache pas, nos élèves au Séminaire proviennent de milieux favorisés. Ils ne pouvaient pas s’imaginer à quel point leur travail allait faire plaisir aux enfants rencontrés. Ils étaient émus de voir ces petits bouts de chou serrer leur toutou. Cette expérience m’a permis de leur enseigner que donner de son temps pouvait apporter du bonheur aux autres. »
Cet engagement pour les autres, Christine Poudrier ne fait pas que l’enseigner, elle l’applique également. Cette année, elle a pris la responsabilité du comité des décors. Celui-ci, composé de nombreux élèves bénévoles, assure la réalisation des décors pour les événements de l’école tels que le Gala culturel, le défilé de mode et les pièces de théâtre. En plus de diriger les équipes de travail et de partager son savoir, elle supervise l’achat des matériaux, dirige la création et gère les budgets.
« Si on veut qu’une école soit vibrante et stimulante pour les jeunes, je considère qu’il est de notre devoir, nous les adultes, d’y mettre du nôtre. De plus, en nous impliquant de la sorte, nous pouvons connaître nos élèves sous un autre jour. C’est aussi pour cela que j’ai fait avec eux le voyage de fin d’année à Washington l’an dernier et que j’ai donné des ateliers de création artistique sur les heures du dîner lors des deux dernières années », raconte Christine avec du soleil plein la voix.
Il n’y a pas qu’à travers les arts que l’enseignante stimule son milieu de travail. Bien qu’elle ne travaille pour le Séminaire Saint-François que depuis trois ans, elle agit déjà comme représentante des enseignants à l’association des parents d’élèves. Dans la communauté aussi, lorsqu’elle le peut, elle offre de son temps. Récemment, au profit de la Fiducie du patrimoine culturel des Augustines, elle a gracieusement fabriqué une courtepointe qui sera utilisée dans une chambre au monastère des Augustines de Québec.
« Je vois les arts comme une discipline qui combine habiletés intellectuelles et manuelles. C’est ce que je veux faire comprendre à mes jeunes. Si je parviens à leur faire voir qu’en plus, cela peut avoir une portée sociale, j’aurai réussi », termine-t-elle.