« Donner un sens à  nos relations avec l`environnement, c`est ma faà§on très personnelle de jouer mon rôle de citoyen.»

étant passionné de sport et d`activités de plein air depuis toujours, Sylvain Turgeon a été tour à  tour guide d`aventure, patrouilleur de ski et moniteur de camp. Cette passion l`a d`abord amené à  compléter un baccalauréat en plein air et tourisme d`aventure à  l`Université du Québec à  Chicoutimi, o๠il s`est fait remarquer par son implication et son militantisme. Professeurs et collègues le décrivaient alors comme un véritable meneur, sachant donner vie à  divers projets, et ce, toujours dans le plus grand respect des personnes.
C`est que pour Sylvain, le sport et le plein air représentent bien plus que de simples passe-temps. Il y voit une faà§on de reprendre contact avec des valeurs profondes. Sa grande sensibilité pour les enjeux sociaux et environnementaux de notre société l`amène à  faire le constat suivant : « Je crois que l`humain a perdu la notion d`interdépendance avec son environnement humain et naturel. Dans notre quotidien confortable et insignifiant, on a parfois du mal à  trouver du sens à  notre existence. Donner un sens à  nos relations avec l`environnement humain et naturel, c`est ma faà§on très personnelle de jouer mon rôle de citoyen. »
Et ce rôle, il le joue activement en agissant chaque jour en fonction de ses valeurs et en s`impliquant dans de nombreux projets de sensibilisation liés à  l`environnement, à  la santé préventive et au développement régional.
Comme Sylvain Turgeon a un excellent sens de l`initiative, il n`attend pas d`être sollicité. Par exemple, après avoir remarqué que plusieurs universitaires privilégiaient systématiquement l`ascenseur plutôt que les escaliers, il a mis sur pied le projet Escaliers vivants. Il s`agit d`un programme de santé préventive multidisciplinaire comportant différents volets de sensibilisation, d`affichage, d`action et de médiatisation, sans oublier un volet artistique permanent déployé dans les cages d`escaliers de l`Université du Québec à  Chicoutimi. Il a aussi participé à  la fondation du premier comité environnemental de l`UQAC tout en poursuivant son implication bénévole auprès de la Patrouille canadienne de ski.
étant très attaché à  ce que son implication se traduise par des retombées concrètes dans sa région, il est fier d`avoir contribué au développement du télémark (une variante alpine du ski hors piste) ainsi qu`à  l`organisation du Championnat du monde de télémark FIS qui se tiendra au Saguenay en 2005.
Mais l`implication de Sylvain dépasse les frontières de sa région. à€ titre de membre de l`Association canadienne pour les Nations Unies depuis 2001, il a participé en 2002 à  un stage de formation avec le Conseil canadien de la coopération internationale (CCCI) en vue d`organiser une délibération publique sur le thème mis de l`avant par l`ONU en 2003 : l`eau douce. Fort de cette expérience, il a organisé une délibération publique sur le sujet dans sa région. C`est là  un succès remarqué dont les conclusions ont orienté les recommandations du CCCI au gouvernement fédéral sur les questions liées à  la conservation des réserves d`eau douce.

La thérapie par l`aventure
Toutefois, c`est en 2003 qu`une invitation inattendue permet à  Sylvain Turgeon de marier son intérêt pour les activités de plein air d`aventure et ses préoccupations sociales. Des éducateurs spécialisés l`invitent alors à  organiser, de faà§on bénévole, une expédition d`aventure à  caractère thérapeutique de trois jours pour les jeunes d`un centre jeunesse de sa région. L`activité se révèle un franc succès et reà§oit le premier prix annuel du concours récompensant les meilleurs projets réalisés dans les centres jeunesse du nord-est du Québec.
Pour Sylvain Turgeon, c`est là  le point de départ d`une nouvelle aventure qui l`amènera à  s`intéresser aux mécanismes qui font que les activités de plein air et d`aventure sont si bénéfiques auprès des adolescents risquant de développer une toxicomanie. Il s`envole alors pour le plus important congrès international sur la thérapie par les activités d`aventure et en revient avec un projet avant-gardiste : créer une nouvelle entreprise d`économie sociale vouée à  la prestation de services professionnels en thérapie par des activités d`aventure et de plein air. Il est alors décidé à  prouver la pertinence et la faisabilité de son projet et le présente au Concours d`entrepreneurship du CEE de l`Université du Québec à  Chicoutimi, o๠il se voit mériter la seconde place.
Encouragé, Sylvain présente alors son projet d`entreprise à  un groupe de chercheurs en leur proposant de l`intégrer à  une structure de recherche-action dans le cadre de sa maîtrise en éducation à  l`Université du Québec à  Chicoutimi. Son initiative est si bien accueillie qu`il recueille le soutien de nombreux intervenants avec qui il met sur pied le premier groupe de recherche et d`intervention en aventure thérapeutique au Canada. Ce groupe multidisciplinaire, qu`il dirigera à  titre de chercheur permanent dès cet automne concrétise ses espoirs. « Comme quoi il est possible de créer son propre emploi de rêve, dans une région de rêve en plus! » soutient-il.
Il entrevoit également la possibilité de poursuivre sa réflexion sur les liens qui unissent l`humain à  son environnement dans le cadre de ses études de doctorat, tout en continuant à  travailler sur ses projets et à  défendre ses idéaux. « En somme, j`ai fait le choix d`étudier pour me forger un emploi que j`aime, et j`essaie de consacrer le plus de temps possible aux choses qui comptent pour moi. Et ce qui est le plus significatif, dans ma vie, c`est ma famille, mes amis, de même que le respect du lien étroit qui nous lie à  notre environnement, pour les générations à  venir. On ne lègue pas la Terre en héritage, on l`emprunte, d`une génération à  l`autre… »