Une étudiante engagée à faire des communications un outil de développement international
Siena Anstis est persuadée que les médias contribuent à faire changer la face du monde, que les technologies de l`information et de la communication (TIC) offrent des possibilités nouvelles et infinies pour quiconque souhaite s`engager socialement. L`étudiante de Concordia n`a pas attendu d`avoir un diplôme en poche pour emprunter la voie du journalisme humanitaire. À 21 ans, sa feuille de route est déjà plus qu`impressionnante.
Décrite comme une jeune femme talentueuse, motivée, déterminée et inspirante pour ceux qui la côtoient, Siena a déjà agi comme journaliste pigiste au Kosovo, en Afrique, au Canada, en Belgique et au Danemark, dans le cadre de programmes scolaires, de voyages d`aide humanitaire ou de sa propre initiative.
Au cours de l`été 2009, elle a reçu une bourse de 8 000$ de l`Agence canadienne de développement international pour occuper un poste de stagiaire et de journaliste pigiste en Afrique de l`Est. Elle travaille aussi à Nairobi comme directrice régionale des communications pour la Fondation Aga Khan Canada.
Fille d`un diplomate canadien, Siena a été sensibilisée très jeune à la pauvreté, aux conflits internationaux et à la lutte pour les droits de l`homme. Dès son entrée à l`Université Concordia, elle a joint l`organisme Concordia Volunteer Abroad Program, mettant sur pied un projet de dépistage du VIH-SIDA en Ouganda. Puis, elle a fondé In Their Shoes, une organisation dont la mission est de sensibiliser les jeunes Canadiens à la pauvreté mondiale et à la défense des droits.
Octobre 2007 marque un tournant pour Siena alors qu`elle assiste à une conférence de deux jours sur l`Ouganda. « C`est le premier événement que j`ai couvert comme journaliste. Celui-ci a accru mon intérêt envers les enjeux mondiaux. À partir de cet instant, j`ai décidé de devenir une professionnelle des médias et de soutenir le développement international. »
Depuis, journalisme et développement international sont intimement liés pour Siena. « Je veux contribuer à faire connaître des situations conflictuelles pour que des gens décident de s`engager dans la recherche de solutions. Je veux inspirer ceux qui vivent les effets de la guerre et de la pauvreté pour qu`ils décident de faire une différence dans leur communauté. » En ce sens, elle croit que les TIC, plus particulièrement Internet, peuvent jouer un rôle de premier plan. En 2008, elle a vécu une première expérience concluante alors qu`elle a aidé des femmes du Women of Uganda Network à créer un blogue pour témoigner de leur réalité.
Selon Sima Aprahamian, professeure de sociologie et d`anthropologie à l`Université Concordia, « Siena a une très bonne compréhension de la façon dont les médias peuvent sensibiliser les gens à la pauvreté, mais aussi comment ils peuvent aider les citoyens du monde à améliorer leurs propres conditions de vie. » Au cours des prochains mois, en plus d`entreprendre une maîtrise en développement international à l`Université d`Amsterdam, Siena souhaite poursuivre dans la même voie en aidant des organisations humanitaires à tirer le meilleur des médias et des possibilités offertes par le Web.
« Je suis convaincue que les TIC peuvent permettre aux pays en voie de développement de sortir de l`ombre et de se développer économiquement. Chacun devrait avoir l`opportunité de s`exprimer ouvertement sur sa vision du développement de sa communauté. Internet représente définitivement une façon d`être entendu. »