Chaque automne depuis trois ans, le milieu de la mode montralais a rendez-vous au dfil Soy, un vnement-bnfice de mode thique. Mise en scne par le projet Soy, cette soire philanthropique fait d`une pierre deux coups. D`une part, elle offre gratuitement aux designers et aux artisans d`ici qui crent à partir de matriaux locaux, biologiques, quitables ou recycls une vitrine exceptionnelle pour se faire connaître. Et d`autre part, elle permet d`amasser des fonds qui sont achemins à deux organismes de la Rpublique dominicaine qui y dveloppent le mouvement coopratif.

« Nous sommes convaincues que le projet Soy est là pour de bon, qu`il est là pour semer la russite et l`entraide. Le dfil fait maintenant partie de nos vnements annuels, car nous croyons fermement à toutes les consquences positives qu`il peut apporter, autant pour notre compagnie que pour l`amlioration de la qualit de vie en Rpublique dominicaine », tmoignent Sophie Guillemette et Pascale Normand-Viau, designers et propritaires de l`entreprise SOAP.

« Non seulement c`est un vnement qui permet de valoriser le mouvement coopratif et la consommation responsable, mais c`est aussi un moment privilgi où se rassemble une jeunesse qubcoise florissante, afin d`encourager le mouvement coopratif dans les rgions pauvres de la Rpublique dominicaine. Le succs grandissant du dfil Soy contribue au dveloppement d`une socit cologique et quitable qui s`entraide, ici comme ailleurs », ajoute Francine Villeneuve, propritaire et designer de Frou Frou mode thique.

Le projet Soy est n de l`initiative de Luis Romero, tudiant à l`cole de technologie suprieure, et de Pascale Boudreault et Anouck Martin, tudiantes à l`Universit du Qubec à Montral. Soucieux de s`impliquer socialement, ces trois tudiants ont l`objectif de sensibiliser la jeunesse qubcoise à la consommation responsable, tout en l`encourageant à s`engager activement dans des projets humanitaires et cologiques.

Au printemps 2009, les trois fondateurs du projet Soy ont visit des camps de travail de coupeurs de canne à sucre en Rpublique dominicaine. Ils ont pris soin d`couter les gens parler de leurs conditions de travail et ont rencontr les responsables de deux organismes locaux, l`Exprience dominicaine et les surs scalabriennes, qui y grent et coordonnent les activits des coopratives.

« Le sjour des membres du projet Soy a fait souffler un vent de fraîcheur sur notre projet. Leur travail avec les habitants a permis de recentrer le projet coopratif sur les besoins de ces communauts dfavorises et de formuler des objectifs à long terme plus cohrents avec les attentes des membres des coopratives », indique Robert Laurin, directeur de l`Exprience dominicaine.

Les trois tudiants ont quitt la Rpublique dominicaine en tant convaincus que les coopratives permettaient aux communauts d`acqurir une indpendance à long terme, de dvelopper leur plein potentiel, de crer des engagements collectifs et d`investir dans des projets faits par et pour elles. C`est pour ces raisons qu`ils ont dcid d`appuyer le dveloppement coopratif en Rpublique dominicaine avec les bnfices du dfil Soy.

Aprs trois dfils, ils ont russi à sensibiliser le public qubcois à l`importance de consommer de manire responsable, notamment en recrutant une quarantaine de bnvoles pour chaque dfil, en plus de contribuer à la mise sur pied de plusieurs nouvelles coopratives en Rpublique dominicaine, grâce à l`argent envoy là-bas.