Projet étudiant de Robotique et d’Ingénierie de l’Université de Sherbrooke

Université de Sherbrooke

Captain Basile est tout un personnage! À la fois sprinter émérite, curiosité scientifique prisée des jeunes et mascotte occasionnelle de l’Université de Sherbrooke, Captain Basile fait beaucoup parler de lui ces temps-ci… et pour cause! Ce robot d’exception a été entièrement conçu par le Projet étudiant de robotique et d’ingénierie de l’Université de Sherbrooke (PÉRIUS).

Mais qu’est-ce qui distingue Captain Basile des autres robots?

À première vue, pas grand-chose : il s’agit d’une petite machine trapue, dotée de six pattes robustes. Rien à voir avec les humanoïdes des films de science-fiction. Mais dès qu’il se met à bouger, Captain Basile révèle sa véritable nature : il court avec agilité, presque comme s’il était vivant.

« Malgré les avancées en robotique mobile, les robots sont encore souvent lents et peu agiles. C’est pourquoi nous avons voulu créer un robot rapide, capable d’évoluer sur tous les types de terrains et, à terme, d’être utilisé pour l’exploration, le déminage, la recherche scientifique ou les missions de sauvetage », explique Marc-André Roux, l’un des concepteurs.

Le résultat? Un robot marcheur propulsé par des actionneurs pneumatiques — une solution audacieuse qui le distingue des approches conventionnelles. Parmi les autres innovations : des amortisseurs aux épaules, une carte intelligente de gestion de l’alimentation électrique, ainsi qu’un système de balises redondantes. Tous ces composants ont été conçus par les étudiants eux-mêmes.

Captain Basile a été créé en vue du Walking Machine Challenge (WMC), une compétition universitaire internationale organisée par la Society of Automotive Engineers (SAE). Il y a rapidement dominé ses adversaires. Capable d’atteindre une vitesse de 1,11 m/s, il s’est révélé cinq fois plus rapide que les autres robots en compétition. Il a remporté trois des cinq prix spéciaux : Best Technical Report, Best Use of Engineering Methods et Most Innovative Design.

Ces performances sont le fruit de l’ingéniosité de ses concepteurs, qui ont utilisé des technologies de pointe comme la simulation numérique et l’intelligence « préflexe » — un système de gestion réactive de l’interaction entre l’environnement et le robot. Pas moins de 1 500 heures de simulation informatique ont été nécessaires pour optimiser la répartition de la masse, la position et l’orientation des pattes, la force des actionneurs, ainsi que la raideur des éléments élastiques. Cette approche innovante a été saluée tant au WMC qu’à la conférence MechRob, où l’équipe a reçu le prix Student Award for Outstanding Contribution.

Si l’équipe est fière de sa vedette robotique, elle l’est encore plus d’avoir jeté les bases d’un véritable laboratoire de recherche en robotique. « Le PÉRIUS s’est comporté comme un véritable centre de recherche émergent, formant une équipe multidisciplinaire et récoltant un budget de 60 000 $ pour soutenir ses travaux », affirme François Michaud, professeur agrégé à l’Université de Sherbrooke et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en robotique mobile et systèmes intelligents autonomes.

Il souligne également que les membres de l’équipe ont présenté leurs travaux lors de conférences scientifiques prestigieuses comme MechRob, CLAWAR et IROS — des forums rarement ouverts aux étudiants, ce qui témoigne du caractère novateur du projet.

Mais ce qui emballe le plus les membres du PÉRIUS, c’est sans doute de voir les yeux des jeunes briller lorsqu’ils présentent Captain Basile dans les écoles primaires et secondaires de la région. Le robot captive l’imagination et permet aux étudiants de faire naître un intérêt pour les sciences et le génie chez les plus jeunes.

Aujourd’hui, Captain Basile peut être admiré sur le site Web du PÉRIUS (www.perius.gel.usherbrooke.ca), où l’on peut suivre l’évolution du projet. C’est sans doute la meilleure manière de l’apercevoir, car il est souvent en déplacement : visites de partenaires, événements scientifiques, démonstrations publiques…

Le calendrier du PÉRIUS est donc bien rempli. Et ses membres n’ont pas l’intention de ralentir. « Il reste beaucoup à faire dans le domaine de la robotique mobile. Des approches comme la nôtre sont essentielles pour que le Québec demeure un acteur important et compétitif dans le secteur des technologies de pointe », conclut Marc-André Roux.