Project Re-CYCLE
Université McGill

Parfois, la solution est là, sous nos yeux, enracinée dans le quotidien, mais personne ne la voit. Il suffit alors d’un déclic, d’une idée lumineuse, comme seule une personne à l’esprit vif peut en avoir. Katrina Harris est de celles-là.
Diplômée en économie et développement international de l’Université McGill, Katrina s’est toujours investie avec succès dans les projets qu’elle entreprend. Son parcours universitaire est marqué par un engagement profond envers les communautés qu’elle rencontre, tant sur le plan humain qu’économique. Mais parmi toutes ses réalisations, celle dont elle est la plus fière est Re-Cycle, un projet qu’elle a mis sur pied lors d’un séjour de trois mois au Kenya.
Son objectif : réaliser, en partenariat avec une ONG, un projet favorisant le développement économique d’une région parmi les plus pauvres du globe, où plus de la moitié des 31 millions d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté.
Installée chez l’habitant à Kisumu, la troisième plus grande ville du Kenya, Katrina prend le temps d’observer et de comprendre la réalité locale. Elle découvre alors une industrie omniprésente : celle des vélos-taxis, avec plus de 10 000 conducteurs en ville. Intriguée par leur rôle économique, elle mène une enquête approfondie auprès de 1 816 d’entre eux.
Ses constats sont frappants : le coût de la vie pour une famille de quatre personnes à Kisumu s’élève à environ 5 $ canadiens par jour, incluant nourriture, eau, soins médicaux, éducation… mais le revenu moyen quotidien des conducteurs de vélos-taxis frôle à peine 0,71 $. Et 81 % d’entre eux n’ont pas réussi à subvenir à leurs besoins au cours du dernier mois.
Katrina analyse alors les données avec rigueur. Elle constate que la location du vélo-taxi gruge plus de 25 % des revenus des conducteurs. C’est là que surgit son idée brillante : introduire un système de crédit-bail pour les vélos-taxis. En devenant propriétaires de leur véhicule, les conducteurs réduisent leurs coûts à 0,29 $ par jour, ce qui libère des ressources pour les soins de santé et l’éducation de leurs enfants.
Mais les impacts de Re-Cycle ne s’arrêtent pas là. Grâce aux économies réalisées, plusieurs conducteurs peuvent acheter des filets antimoustiques à 3 $, contribuant ainsi à réduire les cas de malaria. Les retombées se font également sentir sur le système de santé public, qui voit sa charge diminuer. En brisant le cycle de la pauvreté, le projet stimule l’économie locale, permettant aux conducteurs d’investir dans des ateliers de réparation ou même dans de petits commerces.
Comblée par les résultats, Katrina prévoit poursuivre une maîtrise en économie à l’Université de Toronto. Elle a même offert d’investir le montant de sa bourse dans l’achat d’une douzaine de vélos-taxis, si son projet était récompensé. Un geste symbolique pour une personne qui, grâce à une seule idée bien pensée, a littéralement réussi à « faire rouler l’économie » d’un pays.