Matthieu Bister, étudiant en génie mécanique à l’École Polytechnique de Montréal, a trouvé l’équilibre entre l’ingénierie et l’art. Est-il cartésien ou émotif ? Ces deux caractéristiques combinées sont loin de l’image qu’on se fait d’un ingénieur, mais elles définissent son engagement et lui ont permis de s’ouvrir aux autres. Il rêve d’un monde plus juste où les écarts entre les peuples seront réduits et il compte bien participer aux changements comme ingénieur au sein d’organisations de développement international.

« Mon ouverture sur le monde et sur les autres m’a donné toutes les cartes pour être un acteur dynamique du village mondial », déclare-t-il d’entrée de jeu. Pour cet étudiant d’origine française, c’est en voyageant que l’on se découvre vraiment. Les voyages peuvent aussi se faire à travers le théâtre, qui permet d’explorer ses émotions. Ainsi, il s’investit avec l’organisme Poly-Théâtre comme directeur de production dans deux pièces. Désireux de vivre une nouvelle expérience, il tient le premier rôle dans un court métrage nommé au Festival du film étudiant de Montréal en 2009.

Il comble ensuite son goût du voyage en s’impliquant avec Ingénieurs sans frontières Canada (ISF Canada) et Poly-Monde. Avec ISF, lors d’un stage au Burkina Faso, il conseille les membres d’une organisation paysanne cultivant des céréales. Avec eux, il met en place de la formation et des outils de gestion afin de faciliter la commercialisation de leur production. Il recommande chaudement que la coopérative engage un coordonnateur, conseil suivi avec l’arrivée d’un jeune diplômé en économie agricole.

« Ses valeurs de dévouement et de responsabilité sociale en font un jeune ingénieur qui contribuera à changer le monde qu’il trouve trop injuste », témoigne Jacques Grin, membre du conseil d’administration d’ISF Canada.

Avec Poly-Monde, il découvre l’Afrique du Sud et supervise la rédaction d’un rapport de mission. Avec vingt-cinq collègues, il étudie divers secteurs industriels en se concentrant sur l’intégration sociale au sein des entreprises sud-africaines et des entreprises étrangères implantées dans le pays. Les secteurs examinés sont les mines et métaux, l’industrie chimique, l’agroalimentaire et les biotechnologies, en cohérence avec les valeurs qu’il défend.

« Pour Matthieu, cette mission a été un moyen d’acquérir les outils nécessaires à la réalisation de son objectif professionnel : faire de l’aide internationale un instrument réellement efficace pour diminuer la vulnérabilité de tout être humain sur la planète », indique Thierry Warin, professeur responsable de la mission.

Bien conscient que les effets des changements sociaux auxquels il souhaite contribuer seront longs à observer, il demeure certain d’en être un acteur important. « Je me vois comme un ingénieur en génie humain et organisationnel. Par ricochet, je serai ainsi l’un des bâtisseurs d’une société mondiale plus juste et plus égalitaire », conclut-il.