Un élève engagé à  sensibiliser son entourage à  des enjeux d'environnement et de justice sociale

Pour Louis-Philippe Baillargeon, élève de 5e secondaire à  la Polyvalente Saint-François, en Beauce, l’engagement est comme une histoire de famille. Il n’avait que 10 ou 11 ans quand ses parents ont décidé de l’emmener, avec ses deux frères, faire un voyage de coopération internationale de six semaines au Guatemala. Avant cela, son grand-père l’avait déjà  initié à  l’implication bénévole par des visites de personnes âgées et malades. Pas étonnant de voir aujourd’hui Louis-Philippe offrir de son temps dans la communauté et à  son école dans toutes sortes de projets, jouant entre autres un rôle central comme ministre de l’Environnement et membre fondateur du groupe Amnistie internationale à  son école.

« Prendre part aussi jeune à  un voyage humanitaire, ça change une personne et sa vision du monde. Avant, j’étais plutôt renfermé, et ce voyage m’a permis de m’ouvrir. Ce qui m’a frappé, c’est de voir que malgré la pauvreté des gens, ils étaient heureux, chaleureux et accueillants. Ce voyage a été important pour mon développement par la suite », raconte celui qui a ensuite participé à  un voyage d’échange d’un mois au Mexique puis, en 4e secondaire, à  un autre voyage de coopération, cette fois en Bolivie.

C’est probablement à  partir de cette première expérience internationale que Louis-Philippe a développé un véritable intérêt pour la protection de l’environnement. Entre autres, avec des condisciples de son école, il a contribué au reboisement de terres situées à  proximité de l’autoroute 73. Plus récemment, à  titre de ministre de l’Environnement de son école, il a participé à  une conférence de David Suzuki, pour ensuite rédiger un éditorial publié dans le bulletin d’information du mouvement des Établissements verts Bruntland de la Centrale des syndicats du Québec. Un éditorial à  travers lequel il invite à  la réflexion sur nos modes de consommation et à  l’ouverture d’un débat sur notre modèle économique.

« Je crois que le système capitaliste court à  sa perte. Comme il est basé sur l’exploitation de ressources qui ne sont pas illimitées, il faut revoir ce modèle. J’ai donc conçu, si je peux le dire ainsi, un nouveau modèle économique. Je sais bien que celui-ci n’est pas parfait et qu’il est peut-être même non réalisable dans sa forme actuelle, mais il a le mérite d’ouvrir le débat et de pousser à  la réflexion », indique celui qui a choisi de ne pas rester les bras croisés en attendant que les choses changent d’elles-mêmes.

C’est en gardant cette attitude qu’il a contribué à  fonder le groupe Amnistie internationale à  l’école. De trois collègues qu’ils étaient en début d’année, ils sont maintenant une vingtaine à  lancer des pétitions pour dénoncer des situations d’injustice qui persistent dans le monde. « J’en conviens, nous sommes limités dans nos actions, mais au moins, si nous éveillons d’autres élèves à  des situations comme celle d’un jeune garçon torturé et condamné à  mort pour le vol, non prouvé, d’un cellulaire, je me dis que c’est déjà  ça », explique Louis-Philippe.

En parallèle à  tout cela, l’adolescent a déjà  participé à  une expo-sciences, à  des concours de mathématiques et de sciences, a dirigé sa propre compagnie de fabrication de pain, a fait partie du mouvement scout, a donné de son temps comme aide de camp dans des activités pour les plus jeunes et, cerise sur le sundae, maintient des moyennes générales fort enviables à  l’école (94 % cette année).

Puis il y a le sport. Après avoir représenté sa région en triathlon aux Jeux du Québec en 2012, il s’est joint l’an dernier au Club de natation régional de Beauce. Maintenant, il poursuit son entraînement, mais le fait pour le plaisir.

« Je touche à  beaucoup de choses parce que je veux contribuer à  l’amélioration du climat, des conditions de vie et du moral des personnes qui m’entourent. Je pense que si tous les humains s’engagent dans les causes qu’ils jugent justes, cela ne pourra qu’être bénéfique pour tous. C’est ce que je tente de faire », termine Louis-Philippe.