Ana Luiza Nicolae
Centre de services scolaire de Laval
Une élève engagée à sensibiliser la collectivité à l'importance des projets de développement durable
Dotée d’un leadership indéniable, d’une grande vivacité d’esprit et de qualités évidentes d’oratrice, Ana Luiza Nicolae n’hésite jamais à mettre ses aptitudes au service de projets mobilisateurs et générateurs de retombées. Après avoir été porte-parole de la campagne créative contre le cancer du sein Carrément rose, voilà que l’étudiante de 5e secondaire au Collège Regina Assumpta a accepté de jouer le même rôle pour le projet de reconstruction sociale Casque noir, dont le but est de créer des espaces de jeu ludiques dans un quartier de Port-au-Prince, en Haà¯ti.
« Au début de l’année scolaire, je me suis dit que j’allais me concentrer sur quelques projets et sur mes études. M’étant beaucoup impliquée dans Carrément rose, je savais ce que cela exigeait comme engagement. Au bout de deux semaines, j’ai craqué et j’ai accepté de devenir porte-parole de Casque noir. Ce projet me tenait trop à cœur et je vois que notre implication a un effet bénéfique et durable », raconte Ana Luiza.
Ce rôle a amené l’adolescente de 17 ans à donner des entrevues à des médias régionaux et nationaux, et à présenter une allocution lors du vernissage de l’exposition Casque noir, à la TOHU. C’est aussi les activités concrètes du projet et les relations qu’elle et ses camarades entretiennent avec d’autres jeunes d’Haà¯ti qui la stimulent. « De notre côté, nous récupérons des objets, les mêmes qu’on peut trouver en Haà¯ti, et nous fabriquons des jeux. Nous envoyons ensuite des vidéos et les jeunes avec lesquels nous sommes en contact reproduisent le tout. Des espaces de jeu ont déjà pris forme dans un quartier. En plus, nous avons envoyé des livres et des ensembles de cerfs-volants. J’ai vraiment l’impression que notre engagement est concret », explique-t-elle.
Pour financer cela, Ana Luiza a eu l’idée de mettre sur pied un spectacle-bénéfice. Avec l’aide d’amis, elle a conceptualisé l’événement au grand complet, contacté des artistes professionnels pour les sensibiliser à la cause et demander leur participation bénévole, mené des auditions, élaboré un plan de commandite et approché des partenaires éventuels. « Comme je suis membre du programme TAM (Ton avenir en main), qui promeut le leadership au féminin, je devais élaborer un grand projet et j’ai décidé de faire d’une pierre deux coups. J’espère pouvoir ainsi amasser 4 000 $ », indique celle qui promet un événement haut en couleur.
Son intérêt marqué pour les défis que pose le développement durable a incité Ana Luiza à se joindre au comité UNESCO de son école. Elle a ainsi fait partie de la délégation canadienne participant, en novembre dernier au Japon, à une conférence internationale de l’UNESCO sur l’éducation au développement durable. « J’y ai beaucoup appris sur les relations diplomatiques et les stratégies de négociation et de communication. Il faut apprendre à tenir compte des réalités de chacun et tenter de faire avancer les choses. Maintenant, je prêche pour une meilleure interconnexion entre les participants une fois les conférences terminées. Il faut poursuivre le travail », fait-elle valoir.
En mai, elle participera à la rencontre annuelle des écoles membres du réseau de l’UNESCO et y partagera son expérience. Elle entend y présenter un projet qui invitera les enseignants de partout à intégrer davantage le concept de développement durable dans leur cursus scolaire.
En plus de tout cela, Ana Luiza est présidente de classe depuis sa 2e secondaire, agit comme tutrice en mathématiques, fait partie du groupe Anges gardiens, collabore à l’organisation d’activités sportives, poursuit un parcours de haut niveau comme athlète en volleyball et maintient dans ses études une moyenne générale de 95 %.
« Il y a des fois où je me sens débordée, mais pour moi, c’est juste naturel de prendre le temps de m’impliquer, d’écouter les gens et d’offrir mon aide. Je me définis à travers tout ça », conclut-elle.