Harry Tremblay
Centre de services scolaire de Laval
Un enseignant engagé à offrir un tremplin pour le passage au secondaire de jeunes au parcours difficile
Des jeunes au parcours scolaire semé d’embûches, Harry Tremblay en a rencontré plusieurs au cours de sa carrière. À la barre du programme Passage, de l’école secondaire Charles-Gravel, qui propose un enseignement sur mesure aux jeunes de 15 à 18 ans dont la réussite scolaire est compromise, il fait preuve d’une créativité sans bornes pour accompagner les élèves sur le chemin du succès. Il fait partie de ceux qui prennent le temps d’être avec eux. De les écouter et de comprendre ce qu’ils vivent. De penser à des approches qui feront jaillir ce qu’ils ont de meilleur à offrir. Résultat : la quasi-totalité de ces jeunes, qui peineraient à trouver une place dans le système traditionnel, termine le programme avec la motivation nécessaire pour obtenir leur diplôme d’études secondaires ou pour pratiquer un métier qui les passionne. Enseignant hors pair, coordonnateur du programme Passage, entraîneur de hockey junior et responsable de la ligue de hockey des enseignants et du tournoi de la commission scolaire, Harry Tremblay façonne son milieu avec une attitude positive et table sur une approche centrée sur les forces de chacun.
Chaque jour, grâce à lui et aux membres de l’équipe du Passage, de petits et de grands miracles se produisent. L’enseignement en alternance travail-études, où les matières purement scolaires côtoient l’apprentissage d’un métier semi-spécialisé, permet à certains d’intégrer rapidement le marché du travail. Pour d’autres, les apprentissages sous forme de contextes pédagogiques, axés sur des disciplines sportives ou culturelles, ouvrent de nouveaux horizons. « L’objectif est de permettre aux jeunes de venir développer des passions, de s’épanouir dans un contexte qui leur montre qu’ils peuvent réussir », explique-t-il. Dans tous les cas, un monde de possibilités s’offre à eux. La formule fonctionne si bien que les élèves qui décrochent au cours de leur formation sont devenus l’exception, alors qu’auparavant, on en comptait une quarantaine chaque année. Un succès retentissant qui a valu à l’établissement le Grand prix national Essor, une reconnaissance du ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche assortie d’une bourse de 10 000 $.
Pour se lancer dans une telle entreprise et faire fonctionner ce type de programme, il faut mettre en place une logistique d’une implacable rigueur. L’organisation des horaires de huit enseignants, d’une éducatrice spécialisée et d’une conseillère en orientation, la gestion serrée d’un budget, l’art de composer avec les situations propres à chaque élève. Harry Tremblay n’hésite pas à réinventer les formules pédagogiques avec l’aide de ses collègues.
En plus d’assurer la coordination des activités du programme, Harry Tremblay enseigne les mathématiques. Pour lui, le contact avec les jeunes est vital. Les liens qu’il tisse avec eux sont teintés de respect et d’une grande considération pour ce qu’ils sont et pour ce qu’ils vivent. « Ces jeunes sont notre relève. Je souhaite leur donner le maximum de chances d’être actifs dans la société. C’est pourquoi il faut les amener à développer leur confiance en eux et leur montrer qu’ils peuvent réaliser des projets », affirme-t-il.
Si les multiples chapeaux qu’il porte à l’école mobilisent temps et énergie, monsieur Tremblay demeure profondément équilibré. Pour lui, le sport est un mode de vie. Entraîneur de hockey auprès des pee-wee, le soir et les fins de semaine, entraîneur de soccer pendant la saison estivale, responsable de la ligue des enseignants… Il poursuit en quelque sorte ce qu’il fait si bien entre les murs de l’école : aider les gens à donner le meilleur d’eux-mêmes. Il fraye pour les autres un passage vers la réussite.