C’est en Haïti que le parcours de Samuel Vaillancourt, à la fois curieux et engagé, prend véritablement son envol. Pendant deux mois, il travaille pour une organisation non gouvernementale (ONG) qui lutte contre la transmission de la tuberculose. Ce qui le frappe d’abord, c’est l’ampleur des dégâts causés par les inégalités économiques. La tuberculose se soigne avec 17 $ de médicaments, pourtant près de deux millions de personnes en meurent encore chaque année. Il n’y a aucun doute : quelque chose ne tourne pas rond. Sa voie est tracée : Samuel sera un médecin “pragmatique”.

Après avoir prononcé une allocution sur l’engagement à la International Baccalaureate Conference à San José, au Costa Rica, il revient terminer son baccalauréat international au Upper Canada College de Toronto, où il a reçu une bourse d’études. Sitôt de retour, il organise une rencontre internationale d’étudiants sur le thème des changements bénéfiques dans le domaine de la santé. Grâce à ses efforts, il amasse 80 000 $ et accueille une centaine de jeunes venus de quatre continents dans le cadre de la Conférence mondiale sur le leadership, qu’il a lui-même fondée.

De retour à Montréal avec une bourse du millénaire et le prix Sir William MacDonald, Samuel s’inscrit à l’Université McGill, où il combine une majeure en développement international et une mineure en pathologie. Dès son arrivée, il fonde Horizons Montréal, un programme de tutorat pour les élèves de quartiers défavorisés, ainsi que Le Délit, le journal étudiant francophone de McGill.

Deux stages à l’étranger marquent également son parcours : au Burkina Faso, il collabore avec l’Association burkinabè pour le bien-être familial à la mise en œuvre de stratégies de planification familiale et de prévention des maladies sexuellement transmissibles. En Équateur, il assiste le docteur Fernando Ortega, de l’Université San Francisco de Quito, dans un projet de recherche sur la sécurité physique et alimentaire des enfants vivant en milieu rural. Avec son passage en Haïti, ces expériences confirment que l’aide humanitaire est, pour lui, une véritable vocation.

Parmi ses initiatives les plus marquantes, on retrouve la création, avec un groupe d’étudiants, du Community Health Action Partnership (CHAP). Ce programme permet à des étudiants en médecine de McGill d’effectuer des stages dans différents organismes communautaires de Montréal, où ils côtoient des populations vulnérables. Combinés à des séminaires sur les causes économiques et sociales de ces vulnérabilités, ces stages permettent aux futurs médecins de mieux comprendre ceux qu’ils auront à soigner. Le programme connaît un tel succès qu’il sera intégré officiellement au programme d’études de la Faculté de médecine dès 2010.

Toujours actif, tant localement qu’internationalement, Samuel siège aussi au comité de direction de la Société des étudiants en médecine de l’Université McGill, où il organise une série de conférences sur la santé mondiale. Il coordonne également les efforts conjoints des étudiants en médecine de l’Université de Montréal et de McGill, qui animent des ateliers sur la santé sexuelle dans les cégeps montréalais.

Fort d’un parcours jalonné d’initiatives et de succès, ce futur médecin incarne un engagement inépuisable envers le mieux-être des communautés qu’il rencontre. Et s’il vise une maîtrise en santé publique, c’est dans le but de mieux arrimer la médecine aux grands enjeux collectifs :
« Je veux d’abord et avant tout être un citoyen et un chercheur capable de situer la santé de l’individu dans la santé de ma société. »