
« En tant qu`universitaire et activiste, je veux contribuer à soulager le fardeau des femmes victimes de pauvreté et de préjudice.»
Megan Landes est née près de l`océan, ce qui ne l`empêche pas de se décrire comme étant consumée par un feu, une passion ne voulant pas s`éteindre. « L`engagement politique de mes parents m`a sensibilisée à l`importance de s`impliquer dans sa communauté, mais aussi au-delà de celle-ci », déclare-t-elle.
C`est pourquoi elle décide de repousser ses frontières personnelles, en quittant la Nouvelle-écosse et en mettant le cap vers la McMaster University, située à Hamilton en Ontario. Elle y entre au très contingenté programme Arts & Science, un projet éducationnel avant-gardiste présentant les différentes matières dans leur contexte sociopolitique. Là -bas, elle jouit d`une grande autonomie de pensée qui lui permet de développer un de ses intérêts fondamentaux : le développement international et l`engagement social. Allumée, impliquée et travaillant d’arrache-pied, elle se mérite la bourse d`excellence McMaster et demeurera, tout au long de ses études, sur la liste honorifique du doyen.
Toutefois, Megan ne se contente pas de briller en classe. Parallèlement à ses études, elle participe à un stage de développement international au Costa Rica et s`engage activement au centre d`aide téléphonique pour les victimes d`agressions sexuelles. Ces deux expériences la sensibiliseront à la nécessité de travailler de faà§on préventive et globale. Elle décide alors de poursuivre des études en médecine puisqu`elle y voit un moyen de concilier son désir de travailler avec les groupes vulnérables et d`approfondir de plus en plus sa compréhension des enjeux humanitaires.
Acceptée par la suite au programme de médecine de l`Université McGill, elle se consacre à l`avancement des grands dossiers qui la préoccupent. Ainsi, elle devient co-coordinatrice du comité Medical Students for Choice et milite pour qu`une plus grande portion du programme de médecine soit consacré à des thèmes liés à la santé des femmes. Elle préside aussi un comité se consacrant à la création d`un cours sur l`expérience des femmes en médecine, cours qui, si tout va bien, devrait être mis à l`horaire dès 2005.
« Megan Landes est une personne et une étudiante exceptionnelle, dit d`elle Norbert Gilmore, professeur de médecine à McGill. Ayant pu l`observer à maintes reprises dans le cadre de situations cliniques, je suis convaincu qu`elle a les aptitudes, la détermination et les habiletés pour poursuivre une belle carrière en médecine. D`ailleurs, son désir d`intervenir principalement dans des champs d`expertise reliés à la santé des femmes est un excellent choix. »
Pour une médecine plus humaine
En tant que co-coordonnatrice du Osler Medical Aid Foundation, maintenant connue comme la McGill International Health Initiative, Megan participe également à différentes actions de lobbying en faveur de la Loi C-9 pour permettre la vente de médicaments génériques (donc moins chers) aux pays en voie de développement.
Elle tient aussi à communiquer ses convictions à ses pairs. « Je suis persuadée que les étudiants en médecine doivent développer leur sensibilité devant le fardeau global que représente la maladie un peu partout dans le monde. »
Megan s`implique donc en tant que mentor auprès des étudiants de première et de deuxième année, et occupe régulièrement des postes d`assistante de cours.
Bien résolue à participer à ce qu`elle appelle la santé globale, elle prend la décision d`orienter ses études en ce sens. Pour ses assignations pratiques, elle choisit de travailler auprès des communautés immigrantes de Montréal. « Ma récente participation à une assignation auprès du Burkina Faso Tropical Program est venue confirmer ma décision de dédier ma carrière à l`avancement de la santé des femmes dans le monde », explique-t-elle.
C`est pourquoi elle est allée acquérir des compétences supplémentaires dans ce domaine en travaillant avec la HIV/AIDS Clinic du Montreal General Hospital ainsi qu`avec l`Adolescent Medicine Clinic du Montreal Children`s Hospital.
Aujourd`hui, Megan s`apprête à entreprendre une spécialisation en sciences reproductives et en santé sexuelle à la London School of Hygiene and Tropical Medecine. Elle y travaillera sur des projets de recherche liés à la santé des femmes et des enfants dans les pays en voie de développement. Au retour, elle espère mettre ses connaissances à profit dans le cadre de son stage en résidence avant d`ouvrir un établissement offrant, entre autres, des soins d`obstétrique et des services de santé pour les patients séropositifs.
Dans l`avenir, elle entend poursuivre son engagement social en participant à différents projets à l`international. Mais elle entend aussi prolonger son engagement sur un plan plus personnel en fondant une famille. « Ultimement, dira-t-elle, j`espère ouvrir un établissement sur la côte est, près de l`océan, pour que je puisse transmettre à mes enfants cette conviction : bien que l`océan soit grand, notre capacité de changer le monde l`est tout autant! »